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Remontées capillaires : reconnaître le problème, choisir le traitement et connaître les prix

Une remontée capillaire se reconnaît à une bande humide horizontale qui démarre au ras du sol et s'arrête entre 40 cm et 1,50 m de hauteur, accompagnée de salpêtre, de plinthes décollées et d'un enduit qui se pulvérise. La cause est mécanique : le mur, poreux et privé de coupure de capillarité, aspire l'eau du sol. Le traitement de référence reste l'injection de résine hydrophobe, facturée en moyenne 80 à 150 € par mètre linéaire, avec un chantier de 1 à 3 jours et un séchage de 6 à 12 mois. Le drainage périphérique (100 à 300 €/ml) et l'arase étanche par sciage (200 à 450 €/ml) répondent à d'autres configurations. L'électro-osmose, elle, ne dispose d'aucun Avis Technique du CSTB : ce guide explique pourquoi et ce qu'il faut exiger avant de signer.

Mis à jour le 2026-07-10

L'essentiel en 4 points

Ce guide détaille le mécanisme physique, les signes qui permettent de distinguer une remontée capillaire d'une condensation ou d'une infiltration, les quatre familles de traitement avec leurs prix au mètre linéaire, la durée réelle des chantiers et les garanties à faire figurer noir sur blanc sur le devis.

Remontée capillaire : ce qui se passe réellement dans le mur

Un mur en brique pleine, en pierre calcaire, en tuffeau, en moellon hourdé à la chaux ou en parpaing creux est un matériau poreux. Il est parcouru de micropores qui se comportent exactement comme des tubes capillaires : plus le diamètre du pore est fin, plus l'eau y monte haut par tension superficielle. Quand la base du mur est en contact avec un sol humide et qu'aucune barrière ne s'y oppose, l'eau grimpe.

La hauteur atteinte n'est pas aléatoire. Elle correspond à un équilibre entre le débit d'eau aspirée par le bas et le débit d'eau qui s'évapore par les faces du mur. Si l'évaporation est libre (enduit à la chaux, mur nu), l'eau plafonne assez bas. Si la face extérieure est recouverte d'un enduit ciment étanche ou la face intérieure d'une peinture filmogène, l'évaporation est bridée et la bande humide monte plus haut, souvent au-delà d'un mètre.

Cette eau n'est jamais pure. Elle transporte des sels minéraux dissous présents dans le sol et dans les maçonneries anciennes : nitrates, sulfates, chlorures. Quand l'eau s'évapore en surface, les sels restent et cristallisent. C'est le fameux salpêtre, ce voile blanc poudreux ou ces aiguilles cotonneuses qui reviennent malgré les nettoyages. Ces sels sont hygroscopiques : ils captent l'humidité de l'air et entretiennent la sensation de mur mouillé, même après que la source ait été coupée.

Deux conséquences pratiques. D'abord, le salpêtre n'est pas la maladie, c'est le symptôme : le poncer sans traiter la cause ne sert à rien. Ensuite, un mur salé continue de « pomper » l'humidité ambiante après traitement, ce qui impose une phase de neutralisation et d'assainissement des enduits, facturée à part.

Reconnaître une remontée capillaire : les signes fiables et les faux amis

Le diagnostic visuel se joue sur trois critères : la géométrie du désordre, sa localisation et son évolution saisonnière. Une remontée capillaire dessine une bande horizontale régulière, qui suit le niveau du sol et non la forme d'une fuite. Elle est plus marquée sur les murs enterrés ou en contact avec un talus, et elle empire en fin d'hiver.

Signe observéCe que cela indiqueÀ ne pas confondre avec
Bande humide horizontale nette, du sol jusqu'à 40 cm-1,50 m, mur sain au-dessusSignature typique d'une remontée capillaireUne infiltration latérale forme une auréole irrégulière, souvent plus haute d'un côté
Dépôts blancs poudreux ou duveteux (salpêtre, efflorescences)Cristallisation des sels transportés par l'eau du solUne simple efflorescence de chantier sur maçonnerie neuve, qui disparaît après séchage
Plinthes décollées, gondolées ou noircies en pied de murLe bois absorbe l'humidité par le mur et par le solUn dégât des eaux ponctuel, localisé sous un point d'eau
Peinture qui cloque et se décolle uniquement dans le bas du murPression de vapeur et sels sous le film de peintureUne peinture appliquée sur support mal préparé, décollement diffus sans logique de hauteur
Enduit qui se pulvérise, plâtre « farineux » qui s'effrite au doigtAttaque du plâtre par les sels et l'eau, stade avancéUn plâtre ancien simplement fatigué, mais sec et compact au toucher
Moisissures noires dans les angles hauts, sur les vitrages, derrière les meublesCondensation, pas capillaritéConfusion fréquente : ici le problème est la ventilation, pas le sol
Odeur de cave persistante, sensation de froid en bas de murHumidité structurelle installéeUn local simplement peu chauffé et peu ventilé

Un test simple à faire soi-même : scotchez hermétiquement un carré de film plastique transparent (30 × 30 cm) sur la zone humide et laissez-le 48 à 72 heures. Si des gouttelettes apparaissent sur la face intérieure, côté mur, l'eau vient du mur : remontée capillaire ou infiltration. Si la condensation se forme sur la face extérieure, côté pièce, c'est l'air ambiant qui est en cause : le problème est la ventilation. Ce test ne remplace pas une mesure professionnelle, mais il évite de payer un traitement inutile.

Pourquoi les remontées capillaires apparaissent (et pourquoi maintenant)

Un bâtiment ne développe pas des remontées capillaires par hasard. Six causes reviennent en permanence, souvent combinées.

1. L'absence de coupure de capillarité d'origine. La barrière étanche horizontale en pied de mur n'est devenue systématique en construction courante qu'à partir du milieu du XXe siècle. Une grande partie du bâti antérieur n'en a jamais eu : le mur repose directement sur ses fondations, sans rupture.

2. Une arase existante dégradée ou court-circuitée. Un chape rapportée, un carrelage posé sur ancien plancher, une isolation intérieure descendue trop bas ou un enduit extérieur appliqué en continu du sol jusqu'à mi-hauteur peuvent contourner une barrière pourtant présente. L'eau trouve un chemin par-dessus.

3. Un niveau extérieur trop haut. Un trottoir béton coulé contre la façade, une terrasse rehaussée, un massif de terre ou un remblai qui dépasse le niveau du plancher intérieur mettent le mur en contact direct avec un sol gorgé d'eau. C'est probablement la cause la plus fréquente d'apparition tardive, après des travaux d'aménagement extérieur.

4. Un enduit ou une peinture qui bloque l'évaporation. Recouvrir un mur ancien d'un enduit ciment ou d'une peinture acrylique épaisse est contre-productif : l'eau ne peut plus s'évaporer là où elle le faisait, elle monte plus haut et pousse les sels derrière le revêtement, qui finit par cloquer puis se décoller par plaques.

5. Une gestion défaillante des eaux de pluie. Gouttière percée, descente d'eau pluviale rejetée au pied du mur, drain existant colmaté, terrain argileux retenant l'eau : le sol reste saturé toute l'année et alimente la capillarité en continu.

6. Une isolation intérieure posée sur un mur déjà humide. Un doublage collé ou une ossature avec pare-vapeur installés sur une maçonnerie humide enferment l'eau. Le désordre devient invisible pendant deux à trois ans, puis ressort sous forme de moisissures massives et de dégradation du support.

Le diagnostic : ce qu'un professionnel doit mesurer avant de chiffrer

Un devis sérieux repose sur des mesures, pas sur un coup d'œil. Voici ce qu'un intervenant compétent réalise, et ce que vous devez retrouver dans son rapport.

La mesure de l'humidité dans la masse du mur. L'humidimètre à pointes ou capacitif donne une indication de surface, utile pour cartographier rapidement, mais il est perturbé par les sels et les métaux. La mesure de référence passe par un prélèvement de matière par carottage à différentes profondeurs, analysé par pesée avant et après séchage (méthode gravimétrique) ou par test au carbure de calcium. Le résultat s'exprime en pourcentage d'humidité massique. Les repères couramment utilisés dans la profession situent un mur sec en dessous de 5 %, une humidité modérée entre 5 et 10 %, une saturation au-delà — ces seuils varient selon le matériau et doivent être interprétés par rapport à une zone témoin sèche du même mur.

Le test des sels. Une bandelette de détection des nitrates confirme que l'eau vient bien du sol et pas d'une fuite de réseau. Cette information change le traitement : un mur très chargé en sels impose une neutralisation et un enduit d'assainissement, sinon les taches réapparaissent malgré une injection réussie.

Le relevé des niveaux et des abords. Comparaison entre le niveau du sol extérieur et celui du plancher intérieur, état des gouttières, présence et fonctionnement d'un drain, nature de l'enduit de façade. Sans ce relevé, on risque de traiter une capillarité alors que le problème est une infiltration latérale.

La caméra thermique, souvent mise en avant commercialement, repère les zones froides donc potentiellement humides — mais elle ne mesure pas l'humidité. Elle complète les prélèvements, elle ne les remplace pas.

Côté budget, un diagnostic visuel se situe généralement entre 0 € (visite commerciale) et 250 €. Un diagnostic complet avec prélèvements, mesures chiffrées et rapport écrit engageant est plutôt facturé 300 à 500 €, montant souvent déduit du devis si les travaux sont confiés à l'entreprise. Un signal d'alerte simple : un professionnel qui chiffre un traitement sur place, sans aucun prélèvement, ne peut pas savoir ce qu'il traite. Pour croiser les approches, il est utile de faire établir plusieurs devis de traitement de l'humidité et de comparer les diagnostics entre eux, pas seulement les prix.

L'injection de résine hydrophobe : le traitement de référence

C'est la technique la plus répandue en France pour recréer une coupure de capillarité sur un mur existant. Le principe : percer une ligne de trous horizontaux à la base du mur, y introduire un produit hydrophobe qui migre dans les pores et les tapisse d'une couche répulsive à l'eau. L'eau ne peut plus grimper au-dessus de la ligne d'injection.

Comment se déroule un chantier conforme aux règles de l'art :

Sur un mur épais en pierre, à remplissage de gravats ou très irrégulier, une seule ligne ne suffit pas : l'entreprise doit prévoir une double rangée décalée, un colmatage préalable des vides, voire une injection en deux passes. Ces sujétions expliquent l'écart de prix entre un mur en brique de 25 cm et un mur en moellon de 60 cm.

Prix indicatifs constatés : 80 à 150 €/ml pour une configuration courante, 150 à 200 €/ml sur maçonnerie épaisse, en pierre ou d'accès difficile. Le linéaire à traiter correspond au développé des murs touchés, refends intérieurs compris — un point à vérifier dans le métré du devis.

Les limites, rarement expliquées : l'injection arrête la remontée, elle n'assèche pas le mur. L'assèchement est un phénomène naturel qui prend des mois. Par ailleurs, elle est sans effet si la véritable cause est une infiltration latérale, une fuite de canalisation enterrée ou une condensation, et son efficacité chute sur les supports non poreux (béton dense) ou saturés d'eau libre.

Drainage, arase étanche, électro-osmose : les autres options et leurs prix

Le drainage périphérique

Il ne traite pas la capillarité en tant que telle : il supprime la source d'eau qui l'alimente. On creuse une tranchée le long des murs enterrés, jusqu'à un niveau inférieur à celui du plancher bas, on met la maçonnerie à nu, on applique une étanchéité extérieure (enduit hydrofuge ou membrane à excroissances), puis on pose un drain rigide perforé sur lit de gravier lavé, enveloppé d'un géotextile anti-contaminant, avec des regards de visite en angle et un exutoire gravitaire ou un puisard avec pompe de relevage.

Compter 100 à 300 €/ml terrassement compris, et jusqu'à 400 à 500 €/ml quand l'accès est impossible en engin (centre-ville, jardin clos, terrasse à démonter). C'est la solution la plus lourde mais la plus durable lorsque le mur est enterré ou adossé à un talus. Elle se combine souvent avec une injection : le drainage coupe l'apport d'eau latéral, l'injection bloque la remontée verticale résiduelle.

L'arase étanche par sciage (coupure mécanique)

La méthode la plus radicale techniquement. On scie le mur horizontalement, par tronçons de 50 cm à 1 m pour ne jamais compromettre la stabilité, à la scie à chaîne diamantée ou au disque, puis on insère dans la saignée une membrane PEHD ou des plaques d'inox ondulé chassées à la masse, avant de recaler au mortier expansif. La barrière est physique, définitive, indépendante de la porosité du matériau.

Prix : 200 à 450 €/ml, davantage sur murs très épais. Ce coût s'explique par la lourdeur de la mise en œuvre, la poussière générée, l'étaiement éventuel et le temps passé. La technique est écartée sur les maçonneries hétérogènes, sur les murs porteurs fragiles, sur la pierre irrégulière et dans les bâtiments anciens à joints de chaux tendres, où le risque de tassement différentiel est réel.

L'électro-osmose : pourquoi c'est contesté

Le principe théorique consiste à agir sur le déplacement de l'eau dans les capillaires par une différence de potentiel électrique, pour l'inverser ou l'annuler. Trois familles cohabitent sur le marché : l'électro-osmose passive (électrodes reliées à une prise de terre, sans alimentation), l'électro-osmose active (générateur basse tension et électrodes inox scellées dans le mur), et les boîtiers dits électromagnétiques ou géomagnétiques, présentés comme agissant à distance sans électrode.

La controverse repose sur des éléments concrets, qu'il faut connaître avant de signer :

Prix constatés : 500 à 3 000 € pour une centrale et ses sondes selon la surface traitée, soit un équivalent de 25 à 100 €/ml. La consommation électrique reste marginale. Si cette solution vous est proposée, la position raisonnable n'est pas de la rejeter par principe, mais d'exiger par écrit : des relevés d'humidité massique avant travaux et à échéances définies après travaux, une obligation de résultat chiffrée, et une attestation d'assurance couvrant nommément le procédé.

TechniquePrix indicatifDurée du chantier (maison ~40 ml)Ce qu'elle traiteLimites principales
Injection de résine hydrophobe80 à 150 €/ml (150 à 200 €/ml sur mur épais ou pierre)1 à 3 joursRemontée capillaire verticale sur maçonnerie poreuseSans effet sur infiltration, condensation ou fuite ; efficacité réduite sur béton dense et murs à vides internes
Drainage périphérique100 à 300 €/ml (jusqu'à 400-500 €/ml en accès difficile)3 à 8 jours + remise en état du terrainEau de ruissellement, infiltration latérale, sol saturé alimentant la capillaritéTerrassement lourd, impossible sans accès extérieur ; ne coupe pas à lui seul la remontée
Arase étanche par sciage200 à 450 €/ml1 à 2 semainesCoupure de capillarité physique et définitiveRisque structurel, poussière, exclu sur maçonnerie hétérogène ou porteur fragile
Électro-osmose (active ou passive)500 à 3 000 € l'installation (env. 25 à 100 €/ml)1 à 2 joursRevendique une action sur la migration de l'eau dans les capillairesPas d'Avis Technique CSTB ; efficacité débattue ; alimentation et entretien à maintenir dans la durée
Enduit d'assainissement macroporeux (complément)30 à 80 €/m²2 à 4 joursGestion des sels et reprise esthétique après traitementTraitement de finition : ne remplace jamais la coupure de capillarité

Durée des travaux et temps de séchage : le calendrier réel

C'est le point sur lequel les attentes sont le plus souvent décalées. La partie « travaux » est courte ; la partie « séchage » est longue et conditionne toutes les finitions.

Sur une maison de plain-pied d'environ 90 m² présentant 35 à 40 mètres linéaires de murs touchés, une injection complète mobilise généralement deux intervenants pendant 1 à 3 jours, piquage des enduits compris. Un drainage sur trois façades occupe plutôt 3 à 8 jours ouvrés, auxquels s'ajoutent la remise en état du terrain et l'évacuation des déblais. Un sciage avec insertion de membrane s'étale sur 1 à 2 semaines, avec un chantier bruyant et poussiéreux imposant de bâcher, voire de libérer les pièces.

Le séchage suit une logique physique. Une règle empirique fréquemment citée dans la profession estime l'assèchement à environ un centimètre d'épaisseur par mois dans des conditions de ventilation et de température correctes : un mur de 40 cm humide sur toute son épaisseur ne sera donc pas sec avant plusieurs mois. En pratique, on retient 6 à 12 mois pour une maçonnerie courante et jusqu'à 18 mois pour des murs très épais ou fortement chargés en sels.

ÉtapeDélai après traitementCe qu'il faut faire — et éviter
Piquage et brossage des enduits contaminésPendant le chantierDécaper jusqu'à 50-80 cm au-dessus de la limite visible d'humidité ; évacuer les gravats salés, ne pas les réutiliser
Neutralisation des selsImmédiatement après le piquageApplication d'un neutralisant de salpêtre sur support brut ; inutile si les enduits salés n'ont pas été retirés
Séchage actif du murMois 0 à 6Ventiler et chauffer modérément et régulièrement ; déshumidificateur possible ; ne rien coller ni doubler sur le mur
Enduit d'assainissement macroporeuxÀ partir de 2 à 4 semaines selon le système retenuLaisse migrer la vapeur et stocke les sels dans sa porosité ; suivre strictement la fiche technique du fabricant
Peinture ou finition6 à 12 moisPeinture microporeuse (silicate, chaux, minérale). Éviter acrylique épaisse, papier peint vinyle, faïence collée
Isolation intérieure ou doublageAprès contrôle d'humidité, jamais avantFaire refaire une mesure d'humidité massique avant de doubler ; un doublage posé trop tôt enferme l'eau

Un conseil de planification : lancer les travaux au printemps ou en début d'été permet de profiter de plusieurs mois favorables au séchage avant l'hiver. Les délais d'intervention se tendent en revanche à l'automne, quand les désordres redeviennent visibles — mieux vaut consulter les entreprises spécialisées de votre région plusieurs semaines à l'avance.

Garanties, certifications et devis : ce qu'il faut exiger avant de signer

Un traitement de remontées capillaires engage plusieurs milliers d'euros et se juge sur dix ans. Les points de contrôle ci-dessous coûtent quelques minutes et évitent l'essentiel des litiges.

L'attestation d'assurance décennale, lue en entier. La garantie décennale prévue par le Code civil couvre pendant dix ans les désordres compromettant la solidité de l'ouvrage ou le rendant impropre à sa destination. Encore faut-il que l'entreprise soit assurée pour cette activité : demandez l'attestation nominative, vérifiez la période de validité et surtout que la liste des activités couvertes mentionne explicitement le traitement de l'humidité ou l'assèchement des maçonneries. Une attestation « maçonnerie générale » ne couvre pas nécessairement une injection.

Les autres garanties légales. La garantie de parfait achèvement couvre pendant un an tous les désordres signalés à la réception. La garantie biennale de bon fonctionnement, de deux ans, s'applique aux équipements dissociables — une centrale d'électro-osmose relève typiquement de cette catégorie, ce qui est en soi une information utile.

Les garanties contractuelles « de résultat ». Beaucoup d'entreprises annoncent 10, 20 ou 30 ans sur l'efficacité du traitement. Ces engagements sont commerciaux, pas légaux : lisez les exclusions. Elles conditionnent souvent la garantie à l'absence de toute infiltration, au maintien d'une ventilation conforme, à la non-modification des abords, et parfois à un contrôle annuel payant dont l'oubli fait tomber la couverture. Vérifiez aussi ce que couvre la garantie : la reprise du traitement seulement, ou également les enduits et peintures à refaire ?

Les qualifications. Les qualifications Qualibat et la certification CTB-A+ délivrée par le FCBA aux entreprises de traitement du bâti sont vérifiables en ligne auprès des organismes qui les délivrent. Elles ne garantissent pas un résultat mais attestent d'un contrôle régulier des méthodes et des moyens.

Ce qui doit figurer sur un devis exploitable : le linéaire exact traité mur par mur (en mètres), le nombre de perçages au mètre et leur profondeur, le nom commercial et la fiche technique du produit injecté, la hauteur de piquage des enduits, le prix unitaire au mètre linéaire et au mètre carré, le taux de TVA appliqué et sa justification, la durée d'intervention, le montant de l'acompte, la nature exacte des garanties. Un devis en une seule ligne forfaitaire ne permet aucune comparaison.

En cas de démarchage à domicile, le Code de la consommation impose un contrat écrit et vous ouvre un délai de rétractation de 14 jours à compter de la signature. Le professionnel ne peut pas non plus encaisser de paiement avant l'expiration d'un délai de 7 jours suivant la conclusion d'un contrat conclu hors établissement. Une demande de chèque immédiat lors de la visite est donc un signal d'alerte. Prendre le temps de comparer plusieurs devis gratuits reste la meilleure protection contre les offres pressantes.

Aides financières 2026 : ce à quoi vous pouvez réellement prétendre

Le traitement de l'humidité n'est pas un geste de rénovation énergétique. Cela conditionne l'accès aux dispositifs.

MaPrimeRénov' ne finance pas un traitement de remontées capillaires réalisé seul. Le traitement peut en revanche être intégré comme travail induit dans un projet de rénovation d'ampleur, lorsqu'il est indispensable à la bonne exécution des travaux énergétiques (assainir un mur avant de l'isoler, par exemple). Le périmètre des parcours a évolué en 2026 : vérifiez la liste des travaux en vigueur avant d'engager quoi que ce soit.

Ma Prime Logement Décent, portée par l'Anah, a remplacé les anciens dispositifs Habiter Sain et Habiter Serein. Elle vise les logements dégradés, indignes ou insalubres, ce qui inclut les désordres liés à l'humidité structurelle. Pour un propriétaire occupant, la prise en charge atteint 60 % du montant HT des travaux pour un ménage aux revenus modestes et 80 % pour un ménage très modeste, dans la limite d'un plafond de travaux de 70 000 € HT. Le logement doit avoir plus de 15 ans, être occupé en résidence principale, et le projet doit être accompagné par un assistant à maîtrise d'ouvrage (AMO), avec un objectif de performance énergétique minimale à atteindre.

L'éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) reste mobilisable et a été prolongé jusqu'au 31 décembre 2027. Il finance des travaux de rénovation énergétique et les travaux induits indissociablement liés, dans la limite de 50 000 € pour une rénovation globale. Un traitement d'humidité seul n'est pas éligible ; associé à une isolation, il peut l'être en tant que travail induit.

La TVA réduite. Dans un logement achevé depuis plus de deux ans, les travaux d'amélioration, de transformation, d'aménagement et d'entretien relèvent du taux de 10 % — c'est le cas général d'un traitement de remontées capillaires. Le taux de 5,5 % est réservé aux travaux d'amélioration de la performance énergétique et à leurs travaux indissociablement liés. Depuis 2025, l'attestation Cerfa simplifiée a été supprimée : une simple mention sur le devis ou la facture suffit à justifier le taux. C'est l'entreprise qui applique le taux et en assume la responsabilité fiscale.

Dispositif (état 2026)Traitement d'humidité concerné ?Conditions clésOrdre de grandeur
MaPrimeRénov'Non en travaux isolés — oui en travail induit d'une rénovation d'ampleurLogement de plus de 15 ans, résidence principale, entreprise RGE, gain de classes énergétiquesVariable selon revenus et gain énergétique
Ma Prime Logement Décent (Anah)Oui, dans le cadre d'un logement dégradé ou insalubrePropriétaire occupant modeste ou très modeste, logement de plus de 15 ans, AMO obligatoire, occupation 3 ans après travaux60 % (modeste) à 80 % (très modeste) du HT, plafond de travaux 70 000 € HT
Éco-PTZUniquement en travaux induits d'une rénovation énergétiqueDispositif prolongé jusqu'au 31/12/2027, logement de plus de 2 ans, entreprise RGEJusqu'à 50 000 € en rénovation globale, sans intérêts
TVA réduiteOuiLogement achevé depuis plus de 2 ans ; mention justificative sur devis et facture10 % en règle générale ; 5,5 % si travail induit d'une rénovation énergétique
Aides locales et caisses de retraiteVariableDépend de la commune, du département, de la région et de votre régimeÀ vérifier au cas par cas auprès des organismes concernés

Les prix pratiqués varient sensiblement selon la nature du bâti local, la difficulté d'accès et la densité d'entreprises spécialisées : un mur en tuffeau du Val de Loire, un moellon breton et un parpaing des années 1970 ne se traitent pas au même tarif. Consulter des professionnels de votre département ou de votre région permet d'obtenir des fourchettes réalistes et des références de chantiers comparables au vôtre.

Questions fréquentes

Comment différencier une remontée capillaire d'un problème de condensation ?

La remontée capillaire dessine une bande humide horizontale qui part du sol et s'arrête entre 40 cm et 1,50 m, avec salpêtre et plinthes décollées. La condensation, elle, se manifeste plutôt en hauteur : moisissures noires dans les angles de plafond, sur les vitrages et derrière les meubles. Le test du film plastique scotché 72 heures tranche : gouttelettes côté mur, l'eau vient du mur ; côté pièce, c'est la ventilation.

Quel est le prix d'un traitement de remontées capillaires au mètre linéaire ?

L'injection de résine hydrophobe se situe généralement entre 80 et 150 € par mètre linéaire, et de 150 à 200 €/ml sur des murs épais, en pierre ou d'accès difficile. Le drainage périphérique va de 100 à 300 €/ml, l'arase étanche par sciage de 200 à 450 €/ml. Un enduit d'assainissement complémentaire ajoute 30 à 80 € par mètre carré traité.

Combien de temps un mur met-il à sécher après une injection de résine ?

L'injection stoppe la remontée mais n'assèche pas le mur : le séchage est un phénomène naturel. Comptez 6 à 12 mois pour une maçonnerie courante, jusqu'à 18 mois sur des murs très épais ou fortement chargés en sels. Une règle empirique estime l'assèchement à environ un centimètre d'épaisseur par mois, à condition de ventiler et de chauffer modérément le local pendant toute cette période.

L'électro-osmose est-elle efficace contre les remontées capillaires ?

Son efficacité reste débattue. Ces dispositifs ne bénéficient pas d'Avis Technique du CSTB et, dans une étude comparative menée avec le CSTB sur sept systèmes, l'injection a donné les meilleurs résultats. Les boîtiers sans électrode ne s'appuient sur aucune démonstration indépendante reproductible. Si cette solution vous est proposée, exigez des relevés d'humidité avant et après, une obligation de résultat écrite et une décennale couvrant nommément le procédé.

Le traitement des remontées capillaires est-il éligible à MaPrimeRénov' en 2026 ?

Pas en travaux isolés : il ne s'agit pas d'un geste de rénovation énergétique. Il peut être financé comme travail induit dans une rénovation d'ampleur. La voie la plus adaptée est Ma Prime Logement Décent de l'Anah, qui vise les logements dégradés ou insalubres et couvre 60 à 80 % du montant HT selon les revenus, dans la limite de 70 000 € HT de travaux, avec accompagnement AMO obligatoire.

Quelles garanties faut-il exiger d'une entreprise de traitement de l'humidité ?

Réclamez l'attestation d'assurance décennale nominative, en vérifiant sa validité et surtout que le traitement de l'humidité figure parmi les activités couvertes. S'y ajoutent la garantie de parfait achèvement d'un an et la biennale de deux ans sur les équipements dissociables. Pour les garanties commerciales de 10 à 30 ans, lisez les exclusions : elles imposent souvent un contrôle annuel payant et ne couvrent pas toujours les finitions.

Peut-on isoler ou repeindre un mur juste après le traitement ?

Non, et c'est l'erreur la plus coûteuse. Un doublage isolant ou une peinture filmogène posés sur un mur encore humide enferment l'eau, et le désordre ressort deux à trois ans plus tard. Attendez 6 à 12 mois, faites vérifier le taux d'humidité massique par une mesure, puis utilisez des finitions microporeuses de type silicate ou chaux qui laissent le mur respirer.

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