TL;DR
- Horizontal : tranchées à 0,60–1,20 m, surface de capteurs d'environ 1,5 à 2 fois la surface chauffée (soit 150 à 300 m² de jardin pour une maison de 100 à 150 m²), pas de forage, budget global le plus bas — mais terrain figé (ni arbre, ni dalle, ni piscine au-dessus).
- Vertical : une ou plusieurs sondes de 80 à 150 m, emprise au sol de quelques mètres carrés seulement, performance plus stable en fin d'hiver, mais forage à 70–110 € du mètre linéaire et télédéclaration obligatoire avant travaux.
- Budget 2026 observé : environ 15 000 à 25 000 € TTC en horizontal, 20 000 à 35 000 € TTC en vertical, avant MaPrimeRénov' (jusqu'à 11 000 € selon revenus), CEE, TVA 5,5 % et éco-PTZ.
- Déconseillée si : terrain trop petit ou inaccessible aux engins, zone rouge géothermie, logement mal isolé conservant des radiateurs haute température, résidence secondaire, ou besoins de chauffage très faibles.
Un projet de géothermie domestique se joue d'abord sous le jardin. Le générateur — la pompe à chaleur eau glycolée/eau — est à peu près le même dans les deux cas : c'est le captage qui change tout. Captage horizontal : un réseau de tubes en polyéthylène déroulé en boucles dans des tranchées peu profondes, sur une grande surface. Captage vertical : une ou plusieurs sondes en U descendues dans un forage étroit, puis cimentées. Le premier coûte moins cher mais consomme du terrain de façon quasi définitive. Le second libère le jardin, capte une température de sol plus stable, mais ajoute un poste forage et un cadre réglementaire spécifique. Le tableau ci-dessous résume les écarts, puis chaque paramètre est détaillé : surface réelle, profondeur, plantations, déclaration, coûts, COP, étude de sol.
Captage horizontal ou vertical : le comparatif en un coup d'œil
Les deux technologies relèvent de la géothermie « de surface » à basse température. Elles alimentent la même pompe à chaleur et les mêmes émetteurs. La différence porte sur la façon d'aller chercher les calories du sol.
| Critère | Captage horizontal | Captage vertical (sondes) |
|---|---|---|
| Profondeur | 0,60 à 1,20 m (sous la zone de gel) | 80 à 150 m couramment, < 200 m pour rester en régime simplifié |
| Emprise au sol | Environ 1,5 à 2 × la surface chauffée | Quelques m² par sonde, espacement d'au moins 10 m entre forages |
| Type de chantier | Terrassement à la pelle mécanique | Foreuse sur chenilles + cimentation |
| Formalité principale | DT-DICT, pas de télédéclaration minière (< 10 m) | Télédéclaration géothermie de minime importance avant travaux |
| Qualification exigée | Installateur RGE QualiPAC | RGE QualiPAC + foreur qualifié QUALIFORAGE |
| Stabilité de la source | Sensible au climat en fin d'hiver | Température du sous-sol quasi constante toute l'année |
| Terrain après travaux | Usage durablement contraint (pas d'arbre ni de dalle) | Terrain rendu quasi intégralement disponible |
| Budget global observé (2026) | ≈ 15 000 à 25 000 € TTC | ≈ 20 000 à 35 000 € TTC |
En résumé : si le terrain est vaste, plat, sans arbres et sans projet d'aménagement, l'horizontal est souvent le choix économique. Si la parcelle est petite, arborée, déjà aménagée ou destinée à évoluer, le vertical est la seule option techniquement propre. Pour comparer des propositions chiffrées sur votre situation, demandez 3 devis gratuits auprès d'installateurs de votre secteur.
Captage horizontal : quelle surface de terrain faut-il réellement ?
C'est la question qui élimine le plus de projets. Le capteur horizontal ne se dimensionne pas sur la surface habitable mais sur la puissance thermique extractible du sol, exprimée en watts par mètre carré de capteur. Cette valeur dépend de la nature du terrain et surtout de son humidité.
Un sol argileux humide restitue beaucoup plus de chaleur qu'un sol sableux sec, à surface égale. L'ADEME retient une règle pratique : compter environ 1,5 à 2 fois la surface à chauffer, soit 225 à 300 m² de capteurs pour une maison de 150 m². Les ordres de grandeur de dimensionnement usuels sont les suivants.
| Nature du sol | Puissance extractible indicative | Surface de capteurs pour ≈ 6 kW extraits | Surface pour ≈ 9 kW extraits |
|---|---|---|---|
| Sable sec, remblai drainant | 10 à 15 W/m² | 400 à 600 m² | 600 à 900 m² |
| Terre végétale ordinaire, limon | 15 à 25 W/m² | 240 à 400 m² | 360 à 600 m² |
| Argile humide, sol cohésif | 25 à 30 W/m² | 200 à 240 m² | 300 à 360 m² |
| Sol saturé en eau | 30 à 40 W/m² | 150 à 200 m² | 225 à 300 m² |
Deux précisions importantes. D'abord, la puissance à extraire du sol n'est pas la puissance de chauffage : une PAC de 9 kW avec un COP de 4 ne prélève au sol que les trois quarts environ de sa puissance restituée. Ensuite, la surface indiquée est la surface utile de capteurs, à laquelle il faut ajouter les zones de retournement, les distances aux limites et les accès d'engin.
Le tracé lui-même obéit à des règles simples : tubes espacés de 0,40 à 0,80 m, boucles limitées à une centaine de mètres linéaires chacune pour maîtriser les pertes de charge, collecteur regroupant les circuits dans un regard accessible, et lit de sable autour des tubes pour éviter les points durs. Les tranchées sont ouvertes sous la profondeur de gel locale, généralement entre 0,60 et 1,20 m.
Un cas particulier existe : les corbeilles géothermiques, capteurs en spirale enterrés entre 1,5 et 4 m, qui divisent l'emprise au sol par rapport à un capteur à plat. Elles constituent une voie intermédiaire quand le terrain est trop petit pour l'horizontal classique mais que le forage n'est pas envisageable.
Ce que vous ne pourrez plus faire au-dessus des capteurs horizontaux
Le capteur horizontal fonctionne parce qu'il se recharge en énergie solaire et par les pluies. Tout ce qui empêche cette recharge dégrade la performance ; tout ce qui perce le sol menace l'étanchéité du réseau. Les contraintes sont donc réelles et durables.
- Plantations d'arbres et d'arbustes à racines profondes : à proscrire au-dessus et à proximité immédiate du champ de capteurs. Les racines peuvent atteindre puis endommager les tubes, et l'ombrage réduit la recharge thermique. Une distance de plusieurs mètres est demandée par les installateurs autour des sujets existants.
- Surfaces imperméabilisées : terrasse maçonnée, dalle béton, allée goudronnée, abri de jardin sur plots. Elles coupent l'infiltration de l'eau de pluie et l'apport solaire.
- Piscine enterrée, bassin, fosse, cave : incompatibles avec l'emprise des capteurs, sauf à replanifier entièrement le tracé.
- Stationnement et circulation d'engins : le tassement du sol au-dessus des tubes est déconseillé.
- Construction future : extension, garage, véranda. La zone de capteurs devient de fait inconstructible sans dépose du réseau.
Restent parfaitement compatibles : pelouse, prairie fleurie, potager peu profond, massifs de vivaces, arbustes à enracinement superficiel. Autrement dit, le champ de capteurs reste un jardin d'agrément, mais un jardin figé. Ce point mérite d'être arbitré en famille avant la signature, car il engage la parcelle pour plusieurs décennies.
Enfin, des distances de sécurité s'appliquent vis-à-vis des fondations, des réseaux enterrés (eau, gaz, électricité, télécom) et des limites séparatives. La déclaration de travaux DT-DICT auprès des exploitants de réseaux est obligatoire avant tout terrassement, y compris chez un particulier lorsqu'elle est réalisée par une entreprise.
Captage vertical sur sondes : forage, profondeur et nombre de sondes
La sonde géothermique verticale est un tube en U (ou double U) descendu dans un forage de faible diamètre, puis noyé dans un coulis de ciment-bentonite qui assure à la fois le transfert thermique et l'étanchéité entre les nappes traversées. Le fluide caloporteur — de l'eau additionnée d'antigel — circule en boucle fermée : rien n'est prélevé ni rejeté dans le sous-sol.
À partir d'une dizaine de mètres de profondeur, la température du terrain ne dépend plus des saisons. C'est l'atout principal du vertical : la source reste stable en février, au moment où le besoin de chauffage est maximal et où un capteur horizontal, lui, arrive en fin de charge.
Le dimensionnement se fait en mètres linéaires de sonde, selon la puissance extractible de la formation traversée.
| Contexte géologique | Puissance extractible indicative | Linéaire pour ≈ 6 kW extraits | Linéaire pour ≈ 9 kW extraits |
|---|---|---|---|
| Sédiments secs, sables, graviers non saturés | 20 à 30 W/ml | 200 à 300 m | 300 à 450 m |
| Roche sédimentaire courante (calcaire, marne) | 40 à 55 W/ml | 110 à 150 m | 165 à 225 m |
| Roche compacte à bonne conductivité (granite, gneiss) | 55 à 70 W/ml | 85 à 110 m | 130 à 165 m |
| Formation aquifère circulante | jusqu'à 80 W/ml | 75 à 100 m | 110 à 150 m |
Concrètement, une maison individuelle courante mobilise une sonde de 80 à 150 m, ou deux sondes plus courtes lorsque la géologie ou la place l'imposent. Quand plusieurs forages sont nécessaires, un espacement d'au moins une dizaine de mètres est retenu pour éviter que les sondes ne se refroidissent mutuellement au fil des saisons de chauffe.
Trois contraintes pratiques sont souvent sous-estimées. L'accès d'abord : une foreuse sur chenilles a besoin d'un passage de l'ordre de 2 à 3 m de large et d'une aire de travail dégagée en hauteur. La gestion des déblais et des boues de forage ensuite, qui doivent être évacués. Le bruit et la durée enfin : le forage lui-même se compte en jours, pas en semaines, mais il est bruyant et salissant.
En contrepartie, une fois le regard de raccordement refermé, le jardin redevient libre : on peut y planter, y construire une terrasse, y installer une piscine, à condition de rester à l'écart du forage et de la tranchée de liaison.
Déclaration, télédéclaration et autorisation : le cadre réglementaire 2026
Contrairement à une idée répandue, il ne s'agit plus d'un simple courrier à la préfecture. Depuis la réforme du code minier, les installations de faible puissance relèvent du régime dit de la géothermie de minime importance (GMI), précisé par le décret n° 2025-852 du 27 août 2025 et encadré techniquement par l'arrêté du 25 juin 2015 relatif aux prescriptions générales applicables à ces installations.
Un projet relève de la GMI, pour un échangeur en boucle fermée, lorsque la profondeur de forage reste inférieure à 200 m et la puissance thermique échangée avec le sous-sol inférieure à 500 kW. La quasi-totalité des installations de maison individuelle entre dans ce cadre. En GMI, aucun titre minier ni autorisation d'ouverture de travaux n'est requis : la formalité se limite à une déclaration d'ouverture de travaux.
Cette déclaration prend la forme d'une télédéclaration en ligne sur le téléservice du ministère de la Transition écologique, appuyé par le BRGM. Elle est effectuée avant les travaux, généralement par l'entreprise de forage. Points à retenir :
- Le territoire est cartographié en zones verte, orange et rouge. En zone verte, la télédéclaration suffit. En zone orange, un avis d'expert agréé est requis avant validation. En zone rouge, le projet sort du régime simplifié et relève d'une autorisation au titre du code minier, instruite par les services de l'État.
- La télédéclaration n'est possible que si le forage est réalisé par un foreur qualifié RGE QUALIFORAGE.
- Un récépissé est délivré ; les travaux ne peuvent démarrer qu'après un délai d'attente réglementaire de quinze jours suivant sa réception.
- Les capteurs horizontaux et les corbeilles, posés à faible profondeur, sont exclus du champ de la télédéclaration GMI. Ils restent soumis aux règles de droit commun : DT-DICT, respect du PLU, servitudes, distances aux réseaux.
- La cessation d'exploitation, le changement d'intervenant ou la modification de l'installation font également l'objet d'une déclaration.
D'autres restrictions locales peuvent s'ajouter : périmètre de protection d'un captage d'eau potable, nappe classée sensible, secteur affecté par des cavités ou des formations gypseuses. Ces situations sont précisément celles que le zonage rouge vise à écarter. La consultation du zonage est donc la toute première étape d'un projet vertical, avant même le chiffrage. Un installateur intervenant régulièrement dans votre région connaît en général les particularités locales.
À noter : les capteurs et sondes étant enterrés, aucune autorisation d'urbanisme n'est en principe nécessaire pour le captage lui-même. Vérifiez toutefois le règlement du PLU, notamment en secteur protégé ou en lotissement doté d'un cahier des charges.
Coût comparé des deux captages et aides mobilisables en 2026
Le prix d'une installation géothermique se décompose en trois blocs : la pompe à chaleur et son intégration hydraulique, le captage, et le cas échéant l'adaptation des émetteurs. Le premier bloc est comparable dans les deux cas ; c'est le captage qui creuse l'écart.
| Poste | Captage horizontal | Captage vertical | Commentaire |
|---|---|---|---|
| PAC eau glycolée/eau + hydraulique + régulation | 8 000 à 15 000 € | 8 000 à 15 000 € | Selon puissance, marque, production d'eau chaude intégrée |
| Captage : terrassement, tubes, remblai | 4 000 à 10 000 € | — | Dépend de la surface et de l'accessibilité du terrain |
| Captage : forage + sonde + cimentation | — | 70 à 110 € / mètre linéaire | Soit environ 7 000 à 15 000 € pour 100 à 150 m |
| Étude / dimensionnement du champ de captage | quelques centaines d'euros | 500 à 1 500 € selon contexte | Parfois intégrée à l'offre de l'installateur |
| Remise en état du terrain | à budgéter (surface importante) | limitée | Engazonnement, reprise des allées |
| Total observé TTC, hors aides | 15 000 à 25 000 € | 20 000 à 35 000 € | Fourchettes marché 2026, à confirmer par devis |
Ces fourchettes sont des ordres de grandeur : la géologie, la longueur de liaison entre le captage et la maison, la dépose d'une ancienne chaudière ou le remplacement de radiateurs peuvent faire varier sensiblement le chiffrage. Seuls des devis détaillés sur site permettent de trancher.
Côté financement, la PAC géothermique reste l'un des équipements les mieux accompagnés, précisément parce que son coût d'investissement est élevé.
| Dispositif | Nature | Repères 2026 | Conditions principales |
|---|---|---|---|
| MaPrimeRénov' | Prime forfaitaire | Jusqu'à 11 000 € (profil bleu), 9 000 € (jaune), 6 000 € (violet), dans la limite d'un plafond de dépense de 18 000 € | Logement de plus de 15 ans, résidence principale, entreprise RGE |
| CEE (Certificats d'économies d'énergie) | Prime versée par un obligé | Montant variable selon revenus, zone climatique et opérateur | Fiche BAR-TH-178, demande à faire avant signature du devis |
| TVA à taux réduit | Fiscalité | 5,5 % sur l'équipement et la pose | Logement achevé depuis plus de 2 ans |
| Éco-PTZ | Prêt sans intérêts | Finance le reste à charge | Travaux éligibles réalisés par une entreprise RGE |
Les barèmes MaPrimeRénov' et les règles de dépôt évoluent régulièrement : le guichet a connu des ajustements de calendrier et un passage préalable par un conseiller France Rénov' est désormais demandé selon le parcours choisi. Vérifiez systématiquement les montants et conditions en vigueur sur la fiche officielle MaPrimeRénov' avant de signer un devis. Le cumul MaPrimeRénov' + CEE réduit sensiblement le reste à charge, sans le supprimer.
Point d'attention : la prime CEE doit être sollicitée avant l'acceptation du devis. Un installateur qui propose de « faire le dossier après » vous fait perdre l'aide.
COP et SCOP attendus : ce que le type de captage change vraiment
Le COP (coefficient de performance) exprime le rapport entre l'énergie thermique restituée et l'électricité consommée, dans des conditions de test normalisées. Le SCOP, lui, est saisonnier : il intègre le comportement de la machine sur toute la saison de chauffe. C'est le second qui reflète la facture réelle.
Deux paramètres pilotent la performance : la température de la source froide (le sol) et la température de départ du circuit de chauffage. Un plancher chauffant à 30–35 °C place la PAC dans sa zone de rendement maximal ; des radiateurs haute température à 55–60 °C la dégradent fortement.
| Configuration | Température de source en hiver | COP nominal indicatif | SCOP indicatif |
|---|---|---|---|
| Vertical + plancher chauffant | Stable, sous-sol non soumis aux saisons | 4,5 à 5,5 | 4,5 à 5 |
| Horizontal + plancher chauffant | Variable, baisse en fin d'hiver | 4 à 5 | 3,8 à 4,5 |
| Vertical + radiateurs basse température | Stable | 3,5 à 4,5 | 3,3 à 4 |
| Horizontal + radiateurs haute température | Variable | 2,5 à 3,5 | 2,5 à 3 |
L'écart entre horizontal et vertical n'est pas spectaculaire sur le papier, mais il se creuse quand le froid dure. Un capteur horizontal puise dans un volume de sol rechargé par le soleil et la pluie : après plusieurs semaines de gel, sa température de retour descend et le COP suit. Une sonde verticale ne connaît pas ce phénomène saisonnier.
Pour bénéficier des aides, l'équipement doit par ailleurs respecter des seuils techniques : la fiche CEE relative aux systèmes géothermiques impose notamment un COP mesuré selon la norme EN 14511 au régime eau glycolée 0 °C / eau 35 °C supérieur ou égal à 4. Les valeurs certifiées figurent sur la fiche produit ; exigez-la avant signature.
Dernier facteur, souvent décisif : la qualité de la régulation et l'équilibrage du réseau. Une installation surdimensionnée ou mal réglée perdra plus de performance qu'un choix de captage discutable.
L'étude de sol préalable : ce qu'elle contient, ce qu'elle coûte
Aucune géothermie sérieuse ne se dimensionne « au ratio ». En maison individuelle, l'étude préalable combine plusieurs niveaux, du plus léger au plus complet.
- Consultation du zonage réglementaire et des données de sous-sol : vérification de la zone verte, orange ou rouge, consultation des logs de forages existants et des cartes géologiques. Étape systématique, sans coût direct, réalisée par l'installateur ou le foreur.
- Bilan thermique du logement : calcul de déperdition pièce par pièce, définition de la puissance nécessaire et de la température de départ. C'est la donnée d'entrée du dimensionnement du captage. Un bilan bâclé conduit soit à un sous-dimensionnement (appoint électrique permanent), soit à un surdimensionnement (surcoût de forage inutile).
- Étude de dimensionnement du champ de captage : conversion de la puissance à extraire en surface de capteurs ou en mètres linéaires de sonde, en tenant compte de la nature des terrains traversés et du nombre d'heures de fonctionnement annuel.
- Test de réponse thermique (TRT) : injection d'une puissance constante dans une sonde d'essai pendant environ 72 heures pour mesurer la conductivité thermique réelle du sous-sol. C'est l'outil de référence, mais il est réservé aux champs de sondes importants (tertiaire, collectif) car son coût n'est pas amorti sur une maison individuelle.
Pour un particulier, comptez quelques centaines d'euros à environ 1 500 € pour un dossier d'étude sérieux, souvent partiellement intégré à l'offre commerciale. Cette dépense est faible au regard du poste forage qu'elle permet d'ajuster : quelques mètres linéaires évités ou une sonde en moins compensent largement l'étude.
Deux vérifications complémentaires méritent d'être demandées : la garantie décennale du foreur, et l'engagement contractuel sur le rebouchage et la cimentation du forage — obligation réglementaire destinée à éviter la mise en communication de nappes.
Les cas où la géothermie est déconseillée
La géothermie est une excellente solution dans un cadre précis. Hors de ce cadre, un autre système sera plus pertinent. Les situations suivantes justifient de reconsidérer le projet.
- Terrain insuffisant ou inaccessible : parcelle trop petite pour l'horizontal et passage impossible pour une foreuse (portail étroit, forte pente, mitoyenneté). Sans accès d'engin, le vertical est hors jeu.
- Zone rouge géothermie ou contrainte hydrogéologique : périmètre de protection de captage d'eau potable, cavités, gypse, nappe artésienne. Le régime simplifié ne s'applique pas et l'instruction devient longue et incertaine.
- Logement mal isolé conservant des radiateurs haute température : la PAC fonctionnera à faible COP, avec un temps de retour dégradé. L'ordre logique est d'isoler d'abord, puis d'installer la géothermie sur une puissance réduite — ce qui diminue aussi le linéaire de captage.
- Appartement, copropriété sans jardin, maison de ville sans extérieur : pas de support de captage individuel possible.
- Besoin de chauffage très faible : maison neuve très performante dont les déperditions restent sous quelques kilowatts. Le coût fixe du captage s'amortit mal ; une PAC air-eau ou air-air suffit souvent.
- Résidence secondaire ou occupation intermittente : l'investissement se justifie par des heures de fonctionnement élevées. Un usage quelques semaines par an ne les procure pas.
- Horizon de revente court : le temps de retour d'une géothermie se compte en années. Un déménagement prévu à court terme change l'arbitrage.
- Projet d'aménagement du jardin : piscine, extension, plantation d'arbres, terrasse. En horizontal, ces projets deviennent incompatibles ; en vertical, ils restent possibles mais imposent d'anticiper l'implantation.
- Budget contraint sans capacité d'avance de trésorerie : les aides sont majoritairement versées après travaux. L'éco-PTZ existe pour lisser cet effort, encore faut-il l'anticiper.
Dans plusieurs de ces cas, la pompe à chaleur air-eau constitue une alternative cohérente : investissement plus faible, pas de contrainte de terrain, pas de formalité minière, au prix d'un SCOP plus bas et d'une unité extérieure. Le bon réflexe consiste à faire chiffrer les deux solutions et à comparer le coût global sur quinze à vingt ans, aides déduites.
Comment arbitrer concrètement entre horizontal et vertical
Le raisonnement se déroule dans un ordre précis. Le sauter, c'est risquer de payer une étude pour un projet irréalisable.
- Vérifier le zonage et l'absence de contrainte hydrogéologique sur la parcelle. Zone rouge : le vertical simplifié est écarté d'emblée.
- Calculer le besoin de chauffage après isolation, pas avant. C'est lui qui fixe la puissance à extraire du sol.
- Mesurer la surface réellement disponible, hors terrasse, allées, arbres existants, fosse septique, réseaux et emprises futures. Comparer au besoin en m² de capteurs du tableau plus haut.
- Tester l'accès des engins : largeur de passage, hauteur libre, portance du sol, aire de dépôt des déblais.
- Faire chiffrer les deux options par des installateurs RGE, en demandant le détail du captage (surface ou linéaire, nombre de boucles ou de sondes) et non un prix global.
- Comparer les fiches techniques : COP et SCOP certifiés, température de départ retenue, présence d'un appoint électrique et conditions de son déclenchement.
Une bonne proposition commerciale mentionne explicitement le mode de captage, le linéaire ou la surface, la démarche déclarative prise en charge, la qualification du foreur, et les hypothèses de dimensionnement. Une offre qui reste vague sur le captage est une offre incomplète.
Pour lancer la comparaison, décrivez votre projet en quelques minutes : type de logement, surface, émetteurs existants, taille et accessibilité du terrain. Vous recevrez des propositions d'installateurs qualifiés. Vous pouvez aussi consulter la page d'accueil du site pour comprendre le déroulement d'une demande, ou parcourir les informations disponibles par région et département afin d'identifier les particularités géologiques de votre secteur.
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Questions fréquentes
Quelle surface de terrain faut-il pour une géothermie à captage horizontal ?
Comptez environ 1,5 à 2 fois la surface à chauffer, soit 150 à 200 m² de capteurs pour un logement de 100 m² et 225 à 300 m² pour 150 m². La valeur exacte dépend de la nature du sol : un terrain argileux humide restitue 25 à 30 W/m², un sable sec seulement 10 à 15 W/m². Il faut aussi prévoir les zones de retournement et les distances aux réseaux.
Faut-il une déclaration en préfecture pour un forage géothermique vertical ?
Il ne s'agit plus d'un courrier en préfecture mais d'une télédéclaration en ligne au titre de la géothermie de minime importance, effectuée avant travaux. Elle s'applique aux forages de moins de 200 m et moins de 500 kW, en zone verte ou orange, et suppose un foreur qualifié QUALIFORAGE. Un récépissé est délivré et les travaux ne démarrent qu'après un délai de quinze jours. En zone rouge, une autorisation est nécessaire.
Quel est le prix d'un forage géothermique au mètre linéaire ?
Les fourchettes observées en 2026 se situent entre 70 et 110 € par mètre linéaire, forage, sonde et cimentation compris. Pour une maison individuelle nécessitant 100 à 150 m de sonde, cela représente environ 7 000 à 15 000 € pour le seul captage. Le prix varie selon la géologie traversée, la difficulté d'accès du terrain et l'évacuation des déblais. Seul un devis sur site engage l'entreprise.
Peut-on planter des arbres au-dessus de capteurs horizontaux ?
Non pour les arbres et arbustes à racines profondes : les racines peuvent endommager les tubes et l'ombrage réduit la recharge thermique du sol. Restent compatibles la pelouse, les massifs de vivaces, le potager peu profond et les arbustes à enracinement superficiel. Les terrasses maçonnées, dalles béton, piscines et constructions sont également exclues au-dessus du champ de capteurs.
Quel COP peut-on attendre d'une pompe à chaleur géothermique ?
Avec un plancher chauffant, le COP nominal se situe couramment entre 4 et 5,5 et le SCOP saisonnier entre 3,8 et 5. Le captage vertical conserve une performance stable en fin d'hiver, là où l'horizontal fléchit. Avec des radiateurs haute température, le SCOP tombe souvent entre 2,5 et 3. Pour les aides, un COP d'au moins 4 mesuré selon la norme EN 14511 est exigé.
Dans quels cas la géothermie est-elle déconseillée ?
Elle l'est en zone rouge géothermie ou en périmètre de protection de captage, sur un terrain trop petit ou inaccessible aux engins de forage, dans un logement mal isolé conservant des radiateurs haute température, en résidence secondaire peu occupée, et lorsque les besoins de chauffage sont très faibles. Dans ces situations, une pompe à chaleur air-eau est généralement plus cohérente économiquement.
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